135 km/h sur le périphérique un lundi matin : il n’y a pas que la vitesse qui tue. Ce chiffre, c’est la différence entre le réflexe et la fatalité pour bon nombre de motards coincés au cœur du trafic. Pourtant, derrière la poignée de gaz, il existe une règle silencieuse, ignorée de la plupart mais vitale pour ceux qui arpentent quotidiennement l’asphalte : la formation en V. Stratégie de visibilité, geste de solidarité, rempart contre la collision. La suite explique pourquoi ce n’est pas un détail d’esthète, mais une question de survie.
Pourquoi la circulation inter-files concerne chaque motard aujourd’hui
Sur la route, le motard n’avance jamais complètement isolé. La communauté motarde, elle, cultive une solidarité rare, palpable à chaque croisement. Le fameux salut motard en V ne se résume pas à un clin d’œil complice : il marque l’appartenance, la reconnaissance mutuelle et le respect discret face aux dangers de la route. Ce V, adopté dès 1980 par la Fédération Française des Motards en Colère lors de leurs manifestations, continue aujourd’hui de symboliser la fraternité sur l’asphalte.
La circulation inter-files concerne tous les motards, débutants comme chevronnés. Elle devient parfois incontournable dans les bouchons, quand la patience des automobilistes s’effrite et que les deux-roues cherchent à glisser entre les files. Pratiquer l’inter-files, c’est assumer la passion de la moto et ses risques : angles morts, réactions inattendues, marge d’erreur réduite. Dans ces instants, adopter la formation en V, même à l’arrêt, rappelle que vigilance et entraide ne sont jamais superflues.
Le repaire motards n’est pas qu’un forum ou une page de magazine. Il prend forme sur l’asphalte, dans chaque geste, chaque signe de la main, chaque regard échangé. Se placer en V, c’est afficher sa solidarité, signaler sa présence et protéger tout le groupe, surtout quand le trafic dense brouille les repères. Bienveillance, cohésion, attention aux autres : voilà l’ADN du motard. Sur deux-roues, chaque décision, chaque placement influe sur la sécurité collective.
Quels sont les enjeux de sécurité liés à la formation d’un V avec sa moto
La sécurité routière ne se joue pas seulement à coup de statistiques ou de panneaux. Elle s’invite dans la façon de se placer, d’anticiper, de lire la route. La formation d’un V avec sa moto n’illustre pas seulement la fraternité motarde : elle impacte directement la trajectoire et la visibilité du groupe, notamment en virage ou lors de la circulation inter-files.
Un marquage routier spécifique, lancé en Autriche par le KFV, a transformé les habitudes. Ce dispositif, implanté sur les axes fréquentés par les deux-roues, guide le motard vers la trajectoire corde optimale pour négocier les virages. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : une diminution de 80 % des accidents corporels enregistrée sur les zones concernées, selon les retours du KFV. Ce n’est pas une anecdote, mais une avancée majeure pour la sécurité des motards, déjà adoptée en Suisse et en Écosse.
Voici ce que la formation en V et le marquage au sol apportent concrètement :
- Anticipation renforcée dans les virages et à la sortie des courbes
- Lecture facilitée du marquage, même à basse allure
- Moins de collisions grâce à une trajectoire mieux maîtrisée
Se placer en V, c’est aussi offrir à chaque motard un champ de vision élargi et une répartition plus sûre des distances. Sur route sinueuse, cette formation donne à chacun une marge de manœuvre, limitant les réactions en chaîne lors d’un freinage brutal. Le marquage routier, salué par l’Excellence in Road Safety Awards 2024, s’impose désormais comme une référence européenne. Trajectoire, place au sein du groupe, gestion des distances : tout concourt à renforcer la sécurité de la communauté motarde.
Réglementation actuelle : ce que dit la loi sur la circulation inter-files
La circulation inter-files occupe une place centrale dans les discussions entre motards, pouvoirs publics et forces de l’ordre. En France, le code de la route ne mentionne pas explicitement cette pratique pour les deux-roues motorisés. Pourtant, la densité du trafic urbain pousse nombre de motards et scootéristes à s’y engager, surtout lors des embouteillages.
Depuis 2016, certaines portions de routes particulièrement fréquentées font l’objet d’expérimentations. L’idée : encadrer la circulation entre les files, réduire les tensions avec les automobilistes et limiter les risques. Les règles sont précises : vitesse limitée à 50 km/h, interdiction de dépasser si le flux dépasse 50 km/h, obligation de circuler entre la première et la deuxième voie, pas de slalom.
Malgré ces expérimentations, la circulation inter-files n’a pas encore été généralisée en France. Le cadre réglementaire demeure incertain, en attente d’une décision nationale tranchée. La Fédération Française des Motards en Colère suit de près cette évolution, rappelant que la sécurité des motards, et la vigilance de tous les usagers, doit toujours primer sur le confort ou la rapidité. Les agents de police, eux, conservent un pouvoir d’appréciation : un comportement jugé dangereux ou non conforme peut être sanctionné à tout moment.
Le V des motards, au fond, n’est pas tourné vers les autres usagers, mais rappelle que la route se partage et que chaque geste, chaque positionnement, a son importance.
Adopter le V : conseils pratiques pour rouler plus sereinement et en sécurité
Pour les motards, la solidarité ne se limite pas à de grands discours. Sur la route, elle s’exprime à travers des gestes simples, chargés de sens. Le V des motards, effectué avec la main gauche, incarne bienveillance, respect et reconnaissance mutuelle. Né dans les années 80 lors des manifestations de la Fédération Française des Motards en Colère, ce salut est devenu un code partagé par toute une communauté. Un signe qui rappelle que chaque motard croisé partage la même passion, et parfois les mêmes dangers.
Pour adopter ce geste dans les règles, il vaut mieux choisir le bon moment : main gauche levée, index et majeur formant un V, dès que la route le permet et sans perturber la trajectoire ni la vigilance. Toujours à gauche, pour éviter toute confusion avec les commandes de droite. À éviter lors de virages, de freinages soudains ou sur chaussée instable : la sécurité d’abord, le symbole ensuite.
Selon les situations, les façons de saluer varient. Voici quelques repères utiles :
- Sur autoroute, le salut motard se fait souvent d’un geste bref, voire par un simple mouvement de tête.
- En ville, la main levée reste la plus visible, mais un appel de phare peut aussi suffire.
- À l’étranger, le V se décline différemment. En Grande-Bretagne, on utilise parfois la main droite. Mieux vaut se renseigner sur les usages locaux avant de partir.
Ce code, loin d’être anodin, soude la fraternité sur deux-roues. Le salut motard s’adresse par tradition uniquement aux motards, excluant généralement les scooters ou autres véhicules du même type. Chaque geste a du poids : il rappelle le lien qui unit la communauté et invite à plus d’attention sur la route. La route, ce n’est jamais un terrain neutre. Pour les motards, chaque détail compte. Le V n’est pas qu’un signe : c’est un rappel, un phare dans la circulation, une façon d’affirmer que la prudence, la solidarité et le respect ne sont pas négociables. La prochaine fois que vous croiserez un V sur la route, souvenez-vous qu’il dit bien plus qu’un simple bonjour.


