1 500 titulaires du permis A2 accèdent chaque année à la catégorie A sans suivre la formation complémentaire pourtant imposée à tous. L’écart entre la lettre du règlement et la réalité sur le terrain intrigue : qui sont ces conducteurs qui échappent au parcours fléché, et pourquoi ce dispositif reste-t-il si discret ?
Des profils bien particuliers bénéficient en effet d’un accès direct au permis A, sans passer par la formation de sept heures. Cette mécanique, peu connue, interroge sur le fonctionnement du système et la portée de ces rares exceptions.
Comprendre la passerelle entre le permis A2 et le permis A : ce que dit la réglementation
Le permis moto en France se décline en trois catégories distinctes : permis A1, permis A2 et permis A. Le permis A2, délivré sous l’égide du ministère de l’Intérieur via les moto-écoles, limite la puissance des motos à 35 kW et impose un rapport puissance/poids maximal de 0,2 kW/kg. Ce palier intermédiaire n’a rien d’anodin : il encadre l’accès aux véhicules plus puissants et accompagne l’apprentissage de la maîtrise.
Impossible d’ignorer le délai : il faut avoir roulé deux ans en A2 pour prétendre franchir l’étape suivante. La passerelle A2-A, c’est cette formation de sept heures, dispensée par une moto-école agréée, qui ouvre la voie vers la catégorie A. Pas d’examen final, mais une obligation réglementaire pour espérer la « liberté » de conduire toutes les cylindrées, sans limite de puissance.
La règle, noire sur blanc, ne prévoit pas d’exception généralisée : tous les titulaires du permis A2 désireux d’accéder au grand écart des puissances doivent passer par cette formation. Les seuls cas permettant de s’en affranchir relèvent de circonstances très précises, comme la reconnaissance d’un permis étranger ou l’application de mesures transitoires ciblées.
Pour y voir plus clair, voici comment s’organisent les catégories de permis moto :
- Permis A1 : 125 cm³, accessible dès 16 ans
- Permis A2 : limitation à 35 kW, à partir de 18 ans
- Permis A : aucune restriction de puissance, après expérience et passerelle validée
Le système repose sur une montée progressive, une accumulation d’heures de selle, avant d’ouvrir la porte aux machines les plus performantes.
Peut-on vraiment accéder au permis A sans suivre la formation obligatoire ?
Le schéma est verrouillé : la formation passerelle reste le passage imposé à tout détenteur du permis A2 souhaitant évoluer vers le permis A. La réglementation ne laisse aucune latitude : une fois les deux ans d’ancienneté atteints, la formation de sept heures en moto-école doit être suivie. Pas d’épreuve supplémentaire, pas d’examen, mais aucune dispense généralisée.
Que l’on soit jeune permis ou motard expérimenté, la formation s’adresse à tous. La volonté du législateur est limpide : garantir une progression raisonnée vers la conduite des grosses cylindrées. Passer au permis A ne s’improvise pas.
Il existe quelques situations d’exception, mais elles restent très limitées : rare équivalence d’un permis étranger, reconnaissance dans des conditions encadrées. En dehors de ces configurations, la formation obligatoire s’applique à chaque candidat souhaitant obtenir le permis moto catégorie A.
La logique est claire : acquérir l’expérience sur une moto à puissance intermédiaire, puis valider le passage avec la formation passerelle permis. Tout cela sous surveillance du ministère de l’Intérieur et des moto-écoles.
Zoom sur les démarches et conditions à remplir pour franchir l’étape
Le parcours administratif : rien ne s’improvise
La transition du permis A2 vers le permis A s’effectue selon une procédure stricte. Première étape : prouver deux ans révolus de permis A2, sans exception possible. À l’issue de ce délai, il faut s’inscrire auprès d’une moto-école agréée pour suivre la formation de sept heures, la fameuse passerelle A2-A. Aucune épreuve ou test n’est exigé, seule la participation est prise en compte.
Constitution du dossier : soyez rigoureux
Pour déposer sa demande auprès de l’ANTS (Agence nationale des titres sécurisés), il est indispensable de rassembler plusieurs documents. Voici la liste à prévoir :
- Copie du permis A2 en cours de validité
- Attestation de formation passerelle délivrée par la moto-école
- Justificatif de domicile récent
- Pièce d’identité valide
- Attestation de participation à la journée défense et citoyenneté pour les moins de 25 ans
La moindre pièce manquante et la procédure est immédiatement bloquée par l’ANTS. Une fois le dossier jugé complet, la fabrication du nouveau permis débute.
Obtention et réception du permis
Le précieux sésame arrive par La Poste quelques semaines après la validation du dossier. Dans l’attente, la moto-école délivre un certificat provisoire autorisant la conduite. La catégorie A s’ajoute alors officiellement au permis, libérant l’accès à toutes les cylindrées, sans restriction.
Chaque étape est strictement encadrée, impossible de sauter une marche : suivre la procédure et la formation va de pair pour accéder au permis A.
Avantages, limites et conseils pour bien préparer votre passage vers le permis A
Des motos de caractère et des possibilités élargies
Le permis A ouvre la porte aux machines de rêve, sans plafonnement de puissance. Terminé la bride des 35 kW du permis A2. Les amateurs de sensations peuvent enfin envisager la FTR-1200 Indian, la Triumph Bonneville ou la Street Triple sans restriction. Changer de catégorie, c’est aussi redécouvrir la route : conduite plus variée, déplacements longue distance facilités, et plaisir renouvelé, que ce soit sur autoroute ou lors d’échappées le week-end.
Limites réglementaires et vigilance sur le terrain
Accéder au permis A ne dispense personne des exigences de la sécurité routière. Même après deux ans de conduite, impossible d’éluder la formation de sept heures. Aucun profil n’est exempté, qu’on soit utilisateur quotidien d’une MT-07 Yamaha, d’une CB-500F Honda ou que l’on cumule des milliers de kilomètres chaque année.
Pour traverser sereinement chaque étape, voici quelques conseils pratiques à garder en tête :
- Rassemblez tôt les pièces nécessaires à la constitution du dossier pour éviter tout blocage
- Faites confiance à une moto-école reconnue (AFMD, ECF, CER) pour bénéficier d’un accompagnement solide
- Anticipez le budget : la formation classique coûte de 600 à 1 000 euros, une formule accélérée peut atteindre 1 500 euros
La rigueur dans le suivi de la passerelle fait la différence. Ces sept heures permettent de consolider ses réflexes, de s’entraîner à la circulation comme aux manœuvres techniques, et d’identifier ses axes de progression. Pour aller plus loin, certains choisissent un stage complémentaire ou s’appuient sur des supports pédagogiques proposés par des spécialistes comme Codes Rousseau.
Sur la route, chaque étape franchie élargit l’horizon. Le permis A, c’est plus qu’un document : c’est la promesse de nouvelles sensations et la liberté d’oser toutes les cylindrées. Reste à chacun d’en faire bon usage, avec lucidité et maîtrise.


