Sur un certificat d’immatriculation, les cases P.2 et P.6 se suivent de près et parlent toutes les deux de « puissance ». La confusion entre ces deux repères reste l’une des erreurs les plus fréquentes quand il s’agit de lire sa carte grise. P.2 exprime la puissance nette maximale du moteur en kilowatts, P.6 affiche la puissance fiscale en chevaux fiscaux. Les conséquences d’une lecture erronée vont du mauvais calcul du coût d’immatriculation à une déclaration inexacte auprès d’un assureur.
Case P.2 et case P.6 : deux données qui ne mesurent pas la même chose
La case P.2 du certificat d’immatriculation indique la puissance nette maximale du moteur en kilowatts (kW). C’est une mesure physique, obtenue sur banc d’essai selon un protocole normé. Elle reflète ce que le moteur produit réellement à pleine charge.
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La case P.6 affiche la puissance fiscale exprimée en chevaux fiscaux (CV). Ce n’est pas une mesure mécanique. C’est un indice administratif, calculé par une formule qui intègre la puissance en kW et les émissions de CO2 du véhicule. Deux voitures de puissance moteur identique peuvent afficher un P.6 différent si leurs niveaux d’émissions divergent.
La source de la confusion tient au vocabulaire courant. On parle de « chevaux » dans les deux cas, mais les chevaux fiscaux (P.6) et les chevaux DIN ou chevaux-vapeur (dérivés de P.2) n’ont aucun lien mécanique direct. Multiplier la valeur P.2 par 1,36 donne une approximation en chevaux DIN, pas en chevaux fiscaux.
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Formule de calcul du P.6 : pourquoi le CO2 change tout
Pour les véhicules homologués selon les normes récentes, la puissance fiscale ne dépend plus uniquement de la cylindrée ou de la puissance brute. La formule intègre les émissions de CO2 mesurées en grammes par kilomètre. Un véhicule thermique puissant mais sobre en CO2 peut ainsi afficher un P.6 plus bas qu’un modèle moins puissant mais plus polluant.
Ce mécanisme a été conçu pour orienter la fiscalité vers les véhicules moins émetteurs. En pratique, cela signifie que comparer deux voitures sur leur seul P.6 ne dit rien de leur puissance réelle. Un SUV hybride rechargeable de plus de 200 kW peut se retrouver avec un P.6 inférieur à celui d’une berline thermique de 130 kW si ses émissions WLTP sont très basses.
Le cas particulier des véhicules électriques
Un véhicule 100 % électrique émet 0 g/km de CO2 au roulage. La part « émissions » de la formule de calcul s’annule, ce qui tire le P.6 vers le bas. Une voiture électrique de forte puissance moteur (case P.2 élevée) affiche souvent un P.6 nettement inférieur à celui d’un thermique de puissance comparable.
Ce décalage avait longtemps peu de conséquences financières, puisque la plupart des régions exonéraient les véhicules électriques de taxe régionale. La situation a changé.
Taxe régionale et P.6 : la fin de l’exonération pour les véhicules électriques
Depuis le 1er mai 2025, l’exonération de taxe régionale pour les véhicules dits « propres » (électriques, hydrogène, certains hybrides) n’est plus obligatoire. Elle est devenue facultative, et la quasi-totalité des régions l’ont supprimée. Seuls les Hauts-de-France maintiennent encore une exonération partielle, limitée à 50 %.
En 2026, une voiture 100 % électrique paie donc, dans la majorité des régions, la taxe régionale calculée sur la puissance fiscale P.6 exactement comme un véhicule thermique de puissance fiscale équivalente. Le P.6 redevient un paramètre financier direct pour les propriétaires de véhicules électriques.
Cette évolution rend la lecture correcte de la carte grise plus concrète qu’avant pour les conducteurs d’électriques. Un P.6 de 1 ou 2 CV (fréquent sur les petites citadines électriques) n’a pas le même impact qu’un P.6 de 6 ou 7 CV sur un modèle plus puissant.
Des écarts de coût selon les régions
Le prix du cheval fiscal varie d’une région à l’autre. À P.6 identique, le montant de la taxe régionale peut donc différer sensiblement selon le lieu de domicile du titulaire de la carte grise. Pour les véhicules électriques qui ne bénéficient plus d’exonération, cette disparité régionale s’applique désormais pleinement.
- Vérifier si votre région accorde encore une exonération totale ou partielle pour les véhicules propres (code énergie P.3 du certificat d’immatriculation).
- Comparer le tarif du cheval fiscal dans votre région avec le P.6 de votre véhicule pour estimer la taxe régionale.
- Ne pas confondre le coût total de la carte grise avec la seule taxe régionale : d’autres taxes fixes s’y ajoutent.
Erreurs courantes de lecture entre P.2 et P.6 sur la carte grise
La première erreur consiste à utiliser la valeur P.2 (en kW) pour estimer le coût de l’immatriculation. Seule la case P.6 sert de base au calcul de la taxe régionale. Prendre la puissance moteur au lieu de la puissance fiscale fausse l’estimation, parfois de plusieurs centaines d’euros.
La deuxième erreur concerne l’assurance. Certains assureurs demandent la puissance fiscale (P.6), d’autres la puissance réelle (P.2 convertie en chevaux DIN). Fournir l’une à la place de l’autre peut entraîner une tarification incorrecte ou, dans le pire des cas, un litige en cas de sinistre si la puissance déclarée ne correspond pas au véhicule.
Troisième piège : sur les anciennes cartes grises au format FNI (avant le système SIV), la puissance fiscale n’était pas dans une case « P.6 » mais sur une ligne intitulée « Puissance/CV » ou « Puissance administrative ». Le repère P.6 n’existe que sur le certificat d’immatriculation au format européen.
- P.2 = puissance moteur en kW (donnée technique, mesurée).
- P.6 = puissance fiscale en CV (donnée administrative, calculée à partir de la puissance et du CO2).
- P.3 = code énergie (essence, diesel, électrique, hybride), qui conditionne les éventuelles exonérations.

La distinction entre P.2 et P.6 sur une carte grise tient en une phrase : l’une décrit ce que le moteur produit, l’autre détermine ce que l’administration facture. Avec la disparition progressive des exonérations pour les véhicules électriques, cette différence a des répercussions financières que les conducteurs d’électriques découvrent parfois au moment de l’immatriculation. Lire la bonne case au bon moment évite des surprises sur la facture.

